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Guide · 9 min de lecture

Difficulté d'un mot-clé (KD) : choisir des mots-clés à votre portée

TL;DR

La difficulté d'un mot-clé est une estimation calculée par un outil SEO, pas une donnée de Google : la plupart des scores reflètent surtout les backlinks des pages déjà classées, et chaque outil a sa propre formule. Pour savoir si un mot-clé est à votre portée, comparez ce score à l'autorité de votre site, puis lisez la page de résultats : intention, qualité du top 10, fonctionnalités de la SERP.

Par Tonaily Team Mis à jour le Vérifié avec les sources au Version Markdown

Qu’est-ce que la difficulté d’un mot-clé ?

La difficulté d’un mot-clé (KD, pour keyword difficulty) est un score, en général de 0 à 100, qu’un outil SEO attribue à un mot-clé pour estimer l’effort nécessaire pour atteindre la première page de Google. Ce n’est pas une donnée de Google : c’est une prédiction, calculée par chaque outil avec sa propre formule, et la plupart de ces formules s’appuient d’abord sur les backlinks des pages déjà classées.

Une boulangère tape « pain au levain » dans un outil de mots-clés : difficulté 72, en rouge. « Levain maison pour débutant » : 18, en vert. Ces chiffres ressemblent à un verdict ; ce n’est qu’un point de départ. Le score ne sait rien de son site, ni de ce que les internautes veulent lire.

La définition courte se trouve dans notre glossaire, à l’entrée difficulté d’un mot-clé. Ce guide va plus loin : ce que le score mesure, pourquoi les outils ne sont pas d’accord, et comment décider si un mot-clé est à la portée de votre site.

Que mesurent vraiment les scores de difficulté ?

Ils mesurent surtout la force des liens des pages classées aujourd’hui. C’est le socle commun ; le détail change d’un outil à l’autre, et les outils le disent eux-mêmes.

Ahrefs décrit une méthode volontairement simple : il prend les 10 premières pages classées sur un mot-clé et compte combien de sites font un lien vers chacune. Plus ces pages ont de liens, plus le score monte. Son blog donne des ordres de grandeur : à un KD de 0 à 5, les premières pages n’ont presque aucun backlink ; autour de 50, elles en ont quelques centaines ; à partir de 90, des milliers.

Semrush documente un mélange de facteurs :

Ce que dit la source

Keyword difficulty calculation is based on a variety of factors such as the median number of referring domains pointing to the URLs that are ranking, the median ratio of dofollow/nofollow links pointing to these, the median authority score of the domains that are ranking, and the SERP-related qualities of the keyword itself.

Semrush Knowledge Base, What is KD%?

Autrement dit : domaines référents, part de liens dofollow et nofollow, Authority Score des domaines classés (en médianes) et caractéristiques de la page de résultats. Semrush découpe ensuite l’échelle en six niveaux, de 0-14 « très facile » à 85-100 « très difficile », avec un conseil pour chacun : un contenu de qualité centré sur l’intention en bas de l’échelle, des backlinks de qualité à partir de 50, netlinking, optimisation on-page et promotion tout en haut.

Aucune des deux pages ne donne la pondération de sa formule, mais l’ingrédient principal est clair : les liens vers les pages classées et leurs domaines. Cela rejoint ce que Google confirme. Son guide des systèmes de classement indique qu’il dispose de systèmes qui comprennent comment les pages se lient entre elles, dont PageRank, qui « continues to be part of our core ranking systems » : il fait toujours partie de ses systèmes de classement principaux.

Mais les liens ne sont qu’un signal parmi d’autres. Le même guide commence par rappeler que les systèmes de classement automatisés de Google « look at many factors and signals », de nombreux facteurs et signaux, pour présenter les résultats les plus pertinents et utiles. Un score fondé sur les liens est une approximation raisonnable d’une partie de la concurrence, pas un modèle du classement de Google.

Pourquoi un même mot-clé a-t-il un score différent dans chaque outil ?

Parce que chaque outil le calcule à sa façon, avec ses propres données. Ahrefs l’écrit sans détour dans son article :

Ce que dit la source

These tools all use the same 0-100 scale, but each one calculates it differently. If you check the Keyword Difficulty of the same keywords in different SEO tools, the numbers will vary quite substantially.

Ahrefs Blog, Keyword Difficulty: How to Estimate Your Chances to Rank

Trois raisons expliquent ces écarts :

Origine de l’écartCe qui change
La formuleUn outil compte les sites qui font un lien vers les 10 premières pages ; un autre mélange domaines référents, types de liens, autorité des domaines et caractéristiques de la SERP
Les donnéesChaque outil explore le web avec son propre index de backlinks : les nombres de liens eux-mêmes diffèrent
Le moment et le lieuLes résultats varient selon le pays, la langue, l’appareil et la date ; un score reflète les résultats vus par l’outil lors de son dernier passage

Le troisième point vient de Google. Son guide sur le fonctionnement de la recherche explique que la pertinence peut dépendre de « the user’s location, language, and device » (l’emplacement, la langue et l’appareil de l’internaute), avec l’exemple d’une recherche de réparateurs de vélos qui ne donne pas les mêmes résultats à Paris et à Hong Kong. Un score calculé sur les résultats d’un pays en dit peu sur un autre.

La conséquence pratique : ne comparez jamais le score d’un outil avec celui d’un autre, et ne lisez pas 40 comme deux fois plus dur que 20. Choisissez un outil, tenez-vous-y, et comparez les mots-clés entre eux à l’intérieur de cet outil.

Que ne vous dit pas le score ?

Il ne connaît pas votre site. Ahrefs le reconnaît : son score indique la difficulté pour un site moyen, mais « it doesn’t account for your specific website’s authority », il ne tient pas compte de l’autorité de votre site. Un KD de 45 ne veut pas dire la même chose pour un site de dix ans avec des centaines de domaines référents et pour un site lancé le mois dernier.

Il ignore aussi presque tout ce que montre la page de résultats :

  • L’intention. Les premiers résultats répondent-ils à la question que vous comptez traiter, dans le format que vous comptez utiliser ?
  • La qualité des contenus. Les pages classées sont-elles exactes, à jour, écrites par quelqu’un qui connaît le sujet ? Ou minces, datées, génériques ?
  • Les points faibles. Y a-t-il un fil de forum, un petit blog ou une page presque sans liens dans le top 10 ?
  • Les fonctionnalités de la SERP. La page affiche-t-elle une carte locale, des images, des vidéos, un bloc shopping qui repoussent les résultats naturels vers le bas ?

Google confirme que la forme de la page dépend de la requête : dans le même guide, une recherche de réparateurs de vélos « will likely show local results and no image results », des résultats locaux et pas d’images, alors que « modern bicycle » fera plutôt apparaître des images. Un score bas sur une requête dominée par un pack local est moins intéressant qu’il n’y paraît si vous n’êtes pas un commerce de proximité.

Comment savoir si un mot-clé est à la portée de votre site ?

Faites quatre vérifications, dans cet ordre : votre autorité face au score, l’intention, la qualité du top 10 et les fonctionnalités de la page. Le score ouvre l’analyse ; la page de résultats la conclut.

1. Votre autorité face au score. Le repère le plus utile, suggéré par Ahrefs, est la difficulté des mots-clés sur lesquels votre site est déjà classé, dans le même outil. Si vos pages sont en première page sur des mots-clés autour de 20, un mot-clé à 25 est réaliste, un mot-clé à 70 est un chantier de longue haleine. Si vous n’êtes classé sur rien, commencez par le bas de l’échelle.

2. L’intention. Tapez le mot-clé et lisez les dix premiers résultats. Ce sont des guides, des fiches produit, des outils, des comparatifs, des fiches locales ? Si ce sont tous des outils gratuits et que vous prévoyez un article, le score importe peu : vous proposez le mauvais format. Ahrefs raconte l’histoire de sa propre page de vérification de backlinks, qui n’a décollé qu’une fois la page commerciale transformée en outil gratuit, comme les pages classées autour d’elle.

3. La qualité du top 10. Ouvrez les pages : informations périmées, expertise absente, réponses vagues, pages qui ne tiennent que par leur marque. Chaque faiblesse est une raison de viser un mot-clé malgré un score moyen.

4. Les fonctionnalités de la SERP. Si l’écran va surtout aux annonces, à une carte ou à un carrousel, même une première position apportera moins de visites que le volume ne le promet.

Avant de faire confiance à un score, répondez honnêtement à ces questions :

Ce mot-clé est-il à la portée de votre site ?7 questions
  1. Votre site est-il déjà en première page sur des mots-clés de difficulté comparable, dans le même outil ?

  2. Les premiers résultats ont-ils le format que vous comptez publier (guide, fiche produit, outil, comparatif) ?

  3. Avez-vous ouvert les 10 premières pages et trouvé au moins un résultat faible, daté ou à côté du sujet ?

  4. Y a-t-il des pages peu liées ou des petits sites parmi les premiers résultats ?

  5. Les résultats naturels restent-ils visibles en haut de page, sans être noyés sous les cartes, les annonces ou les carrousels ?

  6. Pouvez-vous apporter ce qui manque aux pages classées (expérience, données, exemples tirés de votre activité) ?

  7. Le mot-clé est-il lié à ce que vous vendez ou faites ?

Une méthode concrète pour choisir vos mots-clés

Le but n’est pas une liste de mots-clés faciles, mais une liste courte de mots-clés pertinents, réalistes pour votre site et qui valent l’effort.

  1. Partez des sujets, pas des scores. Notez les problèmes que vos clients vous soumettent, avec leurs mots. Un générateur de mots-clés gratuit transforme chaque sujet en variantes classées par intention : questions, comparatifs, termes d’achat.
  2. Ajoutez volume et difficulté depuis un seul outil. Gardez le même outil pour tous les mots-clés, pour que les chiffres restent comparables.
  3. Écartez ce qui ne correspond pas à votre activité. Facile et recherché ne veut pas dire utile, si les visiteurs n’achèteront jamais chez vous.
  4. Fixez votre seuil à partir de vos propres positions. Repérez les mots-clés proches de la difficulté de ceux sur lesquels vous êtes déjà classé. Mettez les autres de côté, sans les supprimer.
  5. Lisez la page de résultats de chaque mot-clé retenu. Intention, qualité du top 10, failles, fonctionnalités de la SERP : les quatre vérifications ci-dessus.
  6. Regroupez par sujet. Les mots-clés qui partagent une intention vont sur la même page. Les questions voisines deviennent des articles liés à une page principale.
  7. Ordonnez le plan. Commencez par les sujets les plus pertinents et les plus atteignables, et prévoyez les plus difficiles comme étapes suivantes.
Avant de vous engager sur un mot-clé0 / 9 fait

Quand viser malgré tout un mot-clé difficile ?

Quand le mot-clé est au cœur de votre activité, et que vous êtes prêt à en faire un projet de long terme plutôt qu’un article isolé.

Ahrefs, qui publie l’un des scores de difficulté les plus connus, y encourage explicitement : pour beaucoup des mots-clés à KD 70 et plus sur lesquels il est classé, il dit qu’il a fallu « four to five rewrites, lots of promotion, and many years of patience », quatre à cinq réécritures, beaucoup de promotion et des années de patience. La leçon n’est pas que la difficulté ne veut rien dire. C’est qu’un mot-clé difficile est un engagement, pas un ticket de loterie.

Un mot-clé difficile vaut l’effort quand :

  • Il décrit ce que vous vendez. Le terme principal de votre offre, celui que tapent vos meilleurs clients. Y être absent a un coût.
  • Le top 10 a des failles visibles. Contenus datés, mauvais format, pages génériques qui ne tiennent que par leur marque. Ahrefs parle de « cracks », de fissures dans les résultats.
  • Vous pouvez construire vers lui. Commencez par les questions précises et plus faciles autour du sujet, liez ces articles à une page principale, et laissez ce cocon renforcer la page qui vise le terme large.
  • Vous avez quelque chose à ajouter. Une expérience de terrain, des données originales, des exemples réels. Le guide des systèmes de classement de Google décrit son système de contenu utile comme conçu pour montrer « original, helpful content written by people, for people », du contenu original et utile, écrit par des personnes pour des personnes.

Il ne la vaut pas quand le mot-clé touche à peine votre activité, quand les résultats viennent tous d’un type de site que vous n’êtes pas (places de marché, sites publics, grands médias), ou quand vous n’aurez pas le temps de faire vivre la page pendant des mois.

Ce qu’il faut retenir

La difficulté d’un mot-clé est un bon filtre et un mauvais verdict. Servez-vous-en pour comparer des mots-clés dans un même outil, lisez-la à la lumière de votre propre autorité, et ouvrez toujours la page de résultats avant de décider. Les meilleurs mots-clés pour un petit site sont rarement les plus faciles : ce sont les mots-clés pertinents sur lesquels les résultats actuels laissent de la place à une meilleure réponse.

Une fois vos mots-clés choisis, reste à écrire les pages sans bâcler : le guide Contenu IA et Google explique ce que permettent les règles de Google. Et si votre public interroge aussi les assistants IA, le guide GEO : être cité par ChatGPT, Gemini et Grok montre comment ces réponses choisissent leurs sources.

Sources

  1. In-depth guide to how Google Search works (Google Search Central) developers.google.com
  2. A guide to Google Search ranking systems (Google Search Central) developers.google.com
  3. What is KD% ? (Base de connaissances Semrush) semrush.com
  4. Keyword Difficulty : How to Estimate Your Chances to Rank (blog Ahrefs) ahrefs.com

Ce guide décrit l’état des sources à la date indiquée. Les assistants IA et les moteurs changent souvent : vérifiez les liens avant une décision importante.

Questions fréquentes

Quel est un bon score de difficulté pour un mot-clé ?

Il n'existe pas de bon score universel, puisque chaque outil a sa formule. Le repère le plus utile est la difficulté des mots-clés sur lesquels votre site est déjà classé, dans le même outil : les mots-clés proches de ce niveau sont réalistes, ceux qui le dépassent largement demandent plus de liens, plus d'expertise ou plus de temps.

Pourquoi un même mot-clé n'a-t-il pas la même difficulté dans Ahrefs et dans Semrush ?

Parce que les scores ne sont pas calculés de la même façon. Ahrefs indique que son KD repose sur le nombre de sites qui font un lien vers les 10 premières pages classées ; Semrush explique que son KD% combine les domaines référents, la part de liens dofollow et nofollow, l'Authority Score des domaines classés et des caractéristiques de la page de résultats. Même échelle de 0 à 100, ingrédients différents.

Google utilise-t-il la difficulté des mots-clés ?

Non. La difficulté d'un mot-clé est un indicateur inventé par les outils SEO pour estimer la concurrence. Google classe les pages avec des systèmes automatisés qui prennent en compte de nombreux signaux, dont les liens, et les scores de difficulté que vous voyez viennent des outils, pas de Google.

Un site récent peut-il se positionner sur un mot-clé très difficile ?

Parfois, surtout quand les premiers résultats répondent mal à l'intention, sont datés ou comptent des sites faibles. Le plus souvent, un site récent a intérêt à commencer par des questions précises et moins disputées de sa niche, puis à remonter vers le terme large avec des articles liés entre eux.

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