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Tutoriel · 10 min de lecture

Vérifier les liens internes : la méthode d'audit du maillage interne

TL;DR

Pour vérifier vos liens internes, listez les pages qui comptent, assurez-vous que chacune reçoit au moins un lien explorable depuis une autre page, puis contrôlez les ancres, les attributs rel et la profondeur de ces liens. Google l'écrit noir sur blanc : chaque page qui compte doit recevoir un lien d'au moins une autre page du site. Traitez d'abord les orphelines, puis les ancres vagues et le nofollow interne, puis liez depuis les pages qui performent déjà.

Par Tonaily Team Mis à jour le Vérifié avec les sources au Version Markdown

Que veut dire « vérifier ses liens internes » ?

Vérifier ses liens internes, c’est s’assurer que chaque page que vous voulez voir trouvée reçoit des liens depuis vos autres pages, et que ces liens sont explorables, bien formulés et pas neutralisés par un nofollow. Concrètement : une liste de pages, un décompte des liens qui pointent vers chacune, et une relecture des ancres.

Une expert-comptable publie un article fouillé sur la TVA des indépendants. Six mois plus tard, il n’a presque aucune impression. L’article figure dans le sitemap, mais rien sur le site ne pointe vers lui : ni l’accueil du blog, qui n’affiche que les dix derniers articles, ni la page de service correspondante, ni les autres articles sur la TVA. Pour un visiteur, il n’existe pas. Pour Google, c’est une page dont le reste du site ne parle jamais.

C’est le défaut de maillage interne le plus courant, et le plus simple à corriger une fois repéré. La définition du maillage interne est dans notre glossaire ; ce guide donne la méthode d’audit.

Pourquoi les liens internes comptent-ils pour Google ?

Parce que les liens sont le principal moyen par lequel Google découvre les pages et comprend leur sujet. Sa documentation décrit la découverte sans détour : « Other pages are discovered when Google extracts a link from a known page to a new page. » Le guide de démarrage SEO ajoute que « Google primarily finds pages through links from other pages it already crawled. »

Les liens portent aussi du sens. L’ancre, le texte visible du lien, « tells users and Google something about the page you’re linking to », selon le même guide. Un lien intitulé « seuils de TVA des indépendants » en dit bien plus sur sa destination que « en savoir plus ».

Et Google fixe un minimum, qui sert de colonne vertébrale à tout audit :

Ce que dit la source

Every page you care about should have a link from at least one other page on your site. Think about what other resources on your site could help your readers understand a given page on your site, and link to those pages in context.

Google Search Central, Link best practices for Google

Ce que Google ne publie pas, en revanche, c’est une formule : ni nombre idéal de liens par page, ni profondeur de clic maximale. Sa documentation le dit en toutes lettres : « There’s no magical ideal number of links a given page should contain. » La suite de ce guide s’en tient à ce que dit la documentation, et signale comme telles les règles empiriques.

Quels sont les défauts de maillage interne les plus fréquents ?

Cinq défauts concentrent l’essentiel de ce qu’un audit fait remonter. Chacun a un symptôme net et une correction nette.

DéfautSymptômeCorrection
Page orphelineAucune autre page du site ne pointe vers elleLa lier depuis au moins une page proche
Lien non explorableLien construit en JavaScript sans <a href>, ou boutonUtiliser un vrai élément <a> avec un href
Ancre vague ou vide« Cliquez ici », « lire la suite », une URL brute, une image sans altDécrire la destination en quelques mots
Nofollow internerel="nofollow" sur un lien vers votre propre pageLe retirer
Page trop profondeAccessible seulement après de nombreux clics ou par la paginationLa lier depuis une page hub ou une page forte

Les liens non explorables méritent qu’on s’y arrête, car ils sont invisibles à l’œil nu. La documentation de Google est explicite : « Generally, Google can only crawl your link if it’s an <a> HTML element (also known as anchor element) with an href attribute. » Un menu qui ouvre les pages via un clic géré en JavaScript, sans href, peut parfaitement fonctionner pour un visiteur et ne rien donner à suivre à Google.

Les images cliquables sont un cas à part : pour une image utilisée comme lien, Google prend l’attribut alt de l’image comme texte d’ancre. Un logo ou une vignette qui renvoie vers un article avec un alt vide, c’est un lien sans mots.

Comment auditer son maillage interne, étape par étape ?

Allez du plus grave au plus cosmétique : d’abord les pages vers lesquelles personne ne pointe, ensuite la qualité des liens existants, enfin la structure.

flowchart TD
  A[Lister les pages qui comptent] --> B[Compter les liens internes vers chacune]
  B --> C{Zéro lien ?}
  C -- Oui --> D[Orpheline : la lier depuis une page proche]
  C -- Non --> E[Relire ancres et rel page par page]
  E --> F[Mesurer la profondeur depuis l'accueil]
  F --> G[Ajouter des liens depuis les pages fortes]
  G --> H[Revérifier à chaque publication]

Étape 1 : lister les pages qui comptent

Partez de ce que vous voulez positionner, pas de ce qui existe. Votre sitemap XML fait une bonne liste brute : Google le décrit comme le fichier qui indique aux moteurs les pages que vous jugez importantes. Retirez ce qui n’a pas besoin de trafic (mentions légales, pages de remerciement, pages de test), puis marquez vos pages prioritaires : services, produits, articles piliers.

Sur un petit site, un tableur avec une ligne par URL suffit. Vous y ajouterez une colonne par contrôle.

Étape 2 : repérer les pages orphelines

Une page orpheline est une page vers laquelle aucune autre page de votre site ne fait de lien. Trois façons de les trouver, de la plus complète à la moins complète :

  1. Un crawler. N’importe quel outil d’exploration part de l’accueil et suit les liens, comme un moteur. Comparez la liste des URL qu’il trouve avec celle de l’étape 1 : chaque page du sitemap qu’il n’a jamais atteinte est orpheline, ou n’est accessible que par des liens qu’il ne sait pas suivre.
  2. La Search Console. Dans le rapport sur les liens, le tableau des pages les plus liées en interne montre lesquelles de vos pages reçoivent le plus de liens depuis votre site, et un clic sur une URL affiche les pages qui pointent vers elle. Google prévient que ce rapport « isn’t a comprehensive list of every link on your site » et que les tableaux sont limités à 1 000 lignes : une page absente est une piste à vérifier, pas une preuve.
  3. À la main, pour quelques pages clés. Cherchez l’URL de la page dans votre site ou votre CMS. Si aucun autre contenu ne la contient, elle est orpheline.

Le sitemap ne règle pas le problème. Google peut découvrir une page grâce à lui, mais sa documentation fixe l’objectif : « If your site’s pages are properly linked, Google can usually discover most of your site. » Un bon maillage, selon ses termes, signifie que toutes les pages que vous jugez importantes sont accessibles par une forme de navigation.

Étape 3 : relire ancres et attributs rel, page par page

Prenez vos pages prioritaires, et celles qui pointent vers elles, et examinez chaque lien : où il va, ce qu’il dit, quel rel il porte. C’est exactement ce que fait le vérificateur de liens internes gratuit : collez le HTML d’une page, il liste chaque lien avec son ancre, sa direction (interne ou externe) et son rel. Il signale les ancres vides, les ancres génériques (« cliquez ici », « lire la suite »), les URL utilisées comme ancre, les images liées sans alt, les liens internes en nofollow et une même ancre qui pointe vers des pages différentes. Tout reste dans votre navigateur.

Ce qu’il faut chercher, selon les critères de Google :

Ce que dit la source

Good anchor text is descriptive, reasonably concise, and relevant to the page that it's on and to the page it links to. It provides context for the link, and sets the expectation for your readers.

Google Search Central, Link best practices for Google

Google propose un test simple : lisez l’ancre seule, hors contexte, et demandez-vous si elle a un sens par elle-même. « Nos services » échoue ; « comptabilité des indépendants » passe. L’excès inverse existe aussi : Google demande de résister à l’envie de caser tous les mots-clés liés à la page de destination, et rappelle que le bourrage de mots-clés enfreint ses règles anti-spam. Vingt liens tous intitulés « meilleur expert-comptable Lyon » se lisent comme une manipulation, pas comme une description.

Le nofollow interne. Depuis le 1er mars 2020, Google traite nofollow comme une indication pour l’exploration et l’indexation, comme annoncé dans son billet de 2019 sur l’évolution du nofollow. Sa documentation réserve cette valeur aux liens dont vous préférez que Google ne les associe pas à votre site, ou ne les explore pas depuis votre site, et ajoute : « For links within your own site, use the robots.txt disallow rule. » Autrement dit, nofollow n’est pas l’outil pour vos propres pages. Si une page ne doit pas être explorée, bloquez-la dans le robots.txt ; si elle doit être trouvée, retirez le nofollow. Les nofollow internes viennent souvent d’un thème, d’une extension ou d’une vieille habitude SEO : vérifiez vos gabarits, pas seulement vos articles.

Étape 4 : mesurer la profondeur de clic

La profondeur, c’est le nombre de clics nécessaires pour atteindre une page depuis l’accueil. Google ne fixe pas de profondeur maximale, prenez donc ceci comme une règle empirique : plus une page prioritaire est loin de l’accueil et de vos pages fortes, moins de chemins y mènent, pour les visiteurs comme pour les robots.

Le coupable habituel, c’est la pagination. Un blog qui affiche dix articles par page enfonce chaque article un peu plus à chaque publication : au bout d’un an, votre meilleur article de janvier n’est peut-être accessible qu’en page 8 des archives. Trois corrections, par ordre d’effort :

  • Des pages hubs : une page par thématique qui liste tous les articles du sujet, liée depuis la navigation principale ou l’accueil du blog.
  • Des liens contextuels : chaque nouvel article pointe vers deux ou trois anciens articles du même sujet, et vous revenez sur les anciens pour les lier au nouveau.
  • Des catégories qui ont du sens : le guide de démarrage SEO recommande d’organiser un site de façon logique, parce que cela aide moteurs et utilisateurs à comprendre comment vos pages s’articulent. L’exemple de découverte que donne Google est exactement celui-ci : une page hub, comme une page de catégorie, qui pointe vers un nouvel article de blog.

Étape 5 : lier depuis vos pages les plus fortes

Toutes les pages ne se valent pas pour un audit. Celles qui reçoivent déjà du trafic, des impressions ou des liens externes sont les meilleurs endroits pour placer un lien vers une page à pousser.

Pour les trouver : dans la Search Console, triez vos pages par impressions ou par clics dans le rapport Performances, et regardez le tableau des pages les plus liées depuis l’extérieur dans le rapport sur les liens. Puis, pour chaque page prioritaire qui peine, ajoutez un lien contextuel depuis une ou deux de ces pages fortes, dans un paragraphe où il aide vraiment le lecteur. L’extracteur de titres est utile ici : il affiche le plan H1 à H6 d’une page, ce qui permet de repérer la section où un lien vers la page cible s’insère naturellement.

Un exemple concret : l’expert-comptable de l’introduction a une page de service, « Comptabilité des indépendants », qui concentre l’essentiel des impressions du site. Une phrase dans sa section TVA, « les seuils de TVA des indépendants changent chaque année, voici comment vérifier les vôtres », avec « seuils de TVA des indépendants » comme ancre, donne à l’article orphelin un lien depuis la page la plus forte du site, avec une ancre qui le décrit.

Étape 6 : revérifier à chaque publication

Le maillage s’use tout seul : les nouveaux articles enfoncent les anciens, des pages sont supprimées, des URL changent et laissent des liens cassés derrière elles. Vérifiez chaque nouvelle page au moment de la publier, et refaites un audit complet à intervalles réguliers.

La checklist de l’audit de maillage interne

Passez-la page par page sur vos pages prioritaires, puis une fois par trimestre sur tout le site.

Audit du maillage interne0 / 11 fait

Quel outil utiliser pour vérifier ses liens internes ?

Tout dépend de l’échelle de la question. Pour relire les liens d’une page, un vérificateur de page suffit. Pour trouver les orphelines sur tout un site, il faut une exploration comparée à votre liste de pages.

BesoinOutil
Relire ancres, direction et rel des liens d’une pageLe vérificateur de liens internes gratuit
Voir le plan d’une page pour placer un lien dans la bonne sectionL’extracteur de titres gratuit
Voir les pages les plus liées en interne, et depuis oùSearch Console, rapport sur les liens (échantillon, 1 000 lignes maximum)
Trouver les pages orphelines et mesurer la profondeur de clicUn crawler, comparé à votre sitemap
Avoir une vue d’ensemble rapide de la santé SEO du siteL’audit gratuit

Une bonne routine pour un petit site : le crawler ou la Search Console une fois par trimestre pour la structure, et le vérificateur de liens internes sur chaque page nouvelle ou modifiée avant sa mise en ligne.

Le maillage interne est aussi ce qui fait fonctionner les cocons thématiques : un article pilier lié à ses satellites, et les satellites qui renvoient au pilier. Si vous produisez du contenu avec l’IA, le guide Contenu IA et Google détaille ce qu’il faut relire avant publication, et blog WordPress en pilote automatique avec l’IA montre comment garder la main sur la chaîne, liens internes compris.

Sources

  1. Link best practices for Google (Google Search Central) developers.google.com
  2. Qualify your outbound links to Google (Google Search Central) developers.google.com
  3. Evolving "nofollow" : new ways to identify the nature of links (Google Search Central Blog, septembre 2019) developers.google.com
  4. In-depth guide to how Google Search works (Google Search Central) developers.google.com
  5. SEO Starter Guide (Google Search Central) developers.google.com
  6. Learn about sitemaps (Google Search Central) developers.google.com
  7. Rapport sur les liens (Aide Search Console) support.google.com

Ce guide décrit l’état des sources à la date indiquée. Les assistants IA et les moteurs changent souvent : vérifiez les liens avant une décision importante.

Questions fréquentes

Combien de liens internes faut-il par page ?

Google dit qu'il n'existe pas de nombre idéal de liens par page. Liez quand cela aide le lecteur à comprendre le sujet ou à passer à l'étape suivante, et arrêtez-vous quand le lien n'apporte plus rien. Une page avec 300 liens dans un méga-menu disperse l'attention ; un guide de 2 000 mots sans aucun lien contextuel gâche une occasion.

Une page présente dans le sitemap mais sans lien interne, est-ce un problème ?

Google peut la découvrir par le sitemap, elle peut donc être explorée. Mais elle ne reçoit aucun contexte de vos autres pages et aucun chemin pour les visiteurs. La consigne de Google est que chaque page qui compte reçoive un lien d'au moins une autre page du site : traitez-la comme une orpheline et faites-lui un lien.

Faut-il mettre du nofollow sur des liens internes ?

Presque jamais. La documentation de Google sur les attributs rel indique que pour les liens de votre propre site, il faut utiliser la règle disallow du robots.txt si vous voulez empêcher l'exploration d'une page. Un nofollow interne revient surtout à dire à Google que vous ne cautionnez pas votre propre page.

Puis-je mettre le mot-clé exact dans chaque ancre ?

Google demande des ancres descriptives et naturelles, et met en garde contre l'entassement de mots-clés dans l'ancre, le bourrage de mots-clés enfreignant ses règles anti-spam. Utilisez les mots qui décrivent la destination, avec des variations naturelles d'un lien à l'autre.

La Search Console montre-t-elle mes liens internes ?

Oui, en partie. Le rapport sur les liens contient un tableau de vos pages les plus liées en interne, et un clic sur une URL montre les pages qui pointent vers elle. Google précise qu'il s'agit d'un échantillon, pas d'une liste exhaustive, et que les tableaux sont limités à 1 000 lignes : c'est un point de départ, pas un audit complet.

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